Bon je poursuis avec un article moyennement audacieux, je vais parler de ce groupe ultra mainstream-mais-qui-était-né-pour-être-underground du début des années 90. (bah ouais, après, le mec s'est flingué, quoi) Nirvana, donc. Qui se trouve être mon groupe préféré. Sans conteste.

Je ne vais pas révolutionner l'approche de leur musique, je vous préviens direct, juste expliquer les raisons de mon obsession. Très personnel comme présentation, vous voilà avertis.

Donc comme tout être humain ayant passé la vingtaine, j'ai été adolescente. Donc monstrueusement mal dans ma peau, incomprise et triste. Sachant qu'au delà de ces connasses d'hormones, j'ai bien pris dans les dents à cette période.

Bref, donc ado tête à claques terrée dans sa chambre, à noircir des pages et des pages de diatribe haineuse en pleurant. Et puis un jour je tombe dans une librairie sur la tête de gondole, le journal intime de Kurt Cobain. Je ne relève pas, je n'avais jamais écouté sa musique, j'avais juste vaguement entendu parler de son suicide, donc ça ne me parlait pas trop...

Et puis j'en ai rêvé, plusieurs fois. Du livre. Et donc j'ai demandé à ma grand-mère de me l'acheter (je crois qu'elle vivait chez nous à cette époque pourrie). Et je l'ai lu. Et forcément, je me suis dit WAOW, enfin quelqu'un qui a pensé comme moi, je ne suis pas la seule à souffrir, etc... Bon je pense que je me serais dit ça à la lecture d'à peu près n'importe quel journal intime dépressif. Sachant que sa fin tragique a certainement du réveiller ma curiosité morbide. Mais soit. Donc j'ai voulu découvrir la musique de son groupe.

J'ai acheté le premier album, Bleach, dans un souci de cohérence chronologique. A la première écoute, c'est franchement abrupte si on n'a pas l'habitude du grunge ou du hardcore, ça râpe, il faut lutter. C'est ce que j'ai fait, je l'ai écouté en boucle durant deux semaines, jusqu'à avoir saisi chaque pépite de chaque seconde. (bon, je modère quand même mon propos en excluant ici la 11ème piste, sifting, qui ne m'a JAMAIS parlé).

Car pour moi cet album est un joyau. Après m'en être enivrée j'ai enchaîné avec Nevermind. Stupeur en écoutant la 1ère piste, bon dieu mais c'est ultra connu ça!! (et pour cause, il s'agit de Smells like teen spirit) Et ça n'a rien à voir avec ce que j'ai entendu jusqu'à présent! Il m'a fallu du temps pour l'apprécier, cette chanson, ce sont surtout les versions live qui valent le coup. La version album est beaucoup trop lisse, beaucoup trop convenue. Enfin là je répète ce que des milliers de personnes ont déjà dit. Le reste de l'album est relativement égal, honnête, mais toujours avec ce mixage beaucoup trop propre. J'ai été déçue, alors qu'avec Bleach ça avait été une révélation, je l'avais cru tout droit pressé de mon cerveau, ce jus noir et amer terriblement fascinant.

Sont ensuite venus Incesticide, un peu fourre-tout et très ecclectique, mais plutôt intéressant. Et enfin In Utero, versant plus mûr, plus noir et désespéré de Bleach. Que je trouve assez grandiose. Il s'agit pour moi de l'essence du propos de ce groupe, la rage adolescente en moins, qui laisse place à une douleur consciente et réfléchie, devenue terriblement esthétique.

Après cette phase de découverte, j'ai développé une véritable obsession à propos de ce groupe, qui ne m'est toujours pas passée 10 ans plus tard. Et ça m'a permis de découvrir tout un mouvement musical que je ne connaissais pas, et de développer ma propre culture jusqu'alors principalement basée sur l'imprégnation.

Alors oui, maintenant j'ai 25 ans et quand je mets mon t-shirt NIRVANA, j'entends une foule de petites réflexions moqueuses, et toujours venant de gens qui sont plus ou moins "dans le milieu de la musique" (soit des fans, soit des musiciens, soit des gens qu'on sait pas ce qu'ils font mais ils sont là et ils se la pètent). C'est fou le snobisme qui peut exister en la matière. Chaque courant musical a tendance à cracher sur les autres qui "n'ont rien compris". Mais c'est pas grave, j'assume (ça, en tout cas)

La prochaine fois je parlerai de groupes super obscurs et undergound pour compenser, promis!