Il aurait sûrement paru plus logique d'écrire un article sur l'insomnie, justement à 3h du matin lorsqu'elle attaque. Toutefois, par souci de cohérence, et au vu de la lucidité toute relative dont je fais preuve durant ces heures douloureuses où je cherche le sommeil, je me suis dit que j'allais attendre d'être (un peu) éveillée.

Dans la vie, il y a trois choses que j'affectionne particulièrement: la bouffe, le sexe et le sommeil. Je ne suis pas très difficile à contenter, direz-vous. Et pourtant, il suffit que l'un de ces trois paramètres de mon bonheur déconne pour que je me mette à déprimer.

Ces temps-ci, c'est le sommeil. Il n'avait jamais été spécialement capricieux, jusqu'à cette nuit du 7 juin 2010, où j'ai été réveillée par le cri de détresse de l'un de mes voisins qui venait de tomber de sa fenêtre au sixième étage. Et par le fracas de son corps atteignant le sol en rebondissant sur une voiture. Il a été tué sur le coup. Et j'ai été incapable de dormir pendant 5 jours. A force, le sommeil est revenu, mais l'insomnie avait ouvert sa brèche.

Et depuis, cela m'arrive régulièrement de ne pas pouvoir dormir. Soit je ne m'endors pas, soit je me réveille une heure ou deux après m'être couchée et je ne parviens plus à me ré assoupir. C'est encore ce qui s'est passé la nuit dernière. Je n'ai pas été réveillée spontanément, notez, mais par la personne qui partageait ma couche, et qui n'a rien trouvé de mieux de d'avoir un fou rire dans son sommeil à 4h du matin.

Jusque là, rien de passionnant, mais j'en arrive à ce que je voulais dire ici. Je n'ai pas trouvé la solution miracle, et je continue de m'énerver et de me retourner dans mes draps en gromelant, et plutôt deux fois qu'une. Mais une fois l'énervement contenu, j'ai une technique assez efficace pour sombrer à nouveau. Je tente de me calmer au maximum, puis je laisse venir des images dans mon esprit. Sans mots, juste une succession d'images plus ou moins liées à un rythme plus ou moins soutenu. Et je me contente d'être spectatrice, je n'en pense rien, je ne les regarde même pas vraiment, mais je les vois défiler. Et mon cerveau le fait tout seul, assez rapidement. Et ça, ça m'endort à coup sûr, pouvu que j'arrive à me mettre en condition.

Voilà c'était tout!