Amies make-up addicts, ne vous fiez pas à ce titre qui, vous le verrez, fait référence à une condition beaucoup moins évidente à vivre que porter de la terracotta (et pourtant, Dieu sait que ce n'est pas une partie de plaisir).

Je veux parler ici de ce mal qui me touche depuis ma plus tendre enfance et qui m'a valu au passage quelques déboires.

Je suis EXTREMEMENT sujette aux rougissements. Vraiment. Et c'est parfois l'horreur.

Je suis quelqu'un de plutôt timide, et je suis blonde à la peau claire. Ces deux facteurs font de moi un très bon terrain pour les rougissements. Depuis aussi loin que je me souvienne je rougis. A l'école maternelle déjà, j'ai souvenir de moqueries à ce sujet. Fort heureusement, nous étions deux dans ce cas (F. Martin, si tu me lis, sache que je ne te remercierai jamais assez d'avoir porté avec moi cette croix durant toute notre scolarité.).

En soi, ce n'est pas quelque chose qui me complexe plus que ça. La pure manifestation physique est loin d'être dramatique, beaucoup de personnes trouvent même ça charmant, touchant ou amusant chez les autres. Super, non? Ben non en fait, parce que rougir, ça ne se résume pas à changer en quelques secondes de carnation. Ce qui provoque cette réaction c'est souvent un mélange de honte, de culpabilité et de stress. Et le moment où l'on rougit ressemble à une torture: on a très chaud, on transpire, on a encore plus honte, on a l'impression que ce moment d'angoisse ne finira jamais, on ne trouve plus ses mots, tout s'embrouille... et du coup on se sent encore moins crédible, plus ridicule, et tout ça s'alimente et on continue de rougir.

C'est pour cette raison que j'ai énormément de mal à cacher des choses. Je revendique une grande part d'intimité et de secret, néanmoins dès qu'on s'en approche trop, je rougis et je trahis, si ce n'est le point précis que je cherche à éviter, au moins qu'il y a quelque chose. Je ne peux pas mentir non plus, cela se voit sur mon visage immédiatement. Quand je me sens prise en faute aussi, par exemple quand mon supérieur hiérarchique vient me voir et me demande des comptes sur mon boulot alors que j'ai l'impression d'avoir traîné ou de ne pas avoir été suffisament consciencieuse.

Généralement, cela se compte par périodes. J'ai des périodes où je ne rougis jamais, et d'autres où c'est constant. Et d'ailleurs le seul fait de constater que je suis dans une période où je rougis beaucoup la fait perdurer. Ce sont des moments où je ne me sens pas très jolie, pas à ma place, inefficace, bête ou autres.

Et je m'énerve contre moi même dans ces cas-là, de ne pas arriver à conserver mon sang-froid. Surtout que je trouve qu'il n'y a pas autant de personnes que ça qui rencontrent ce problème. J'en connais même très peu.

Enfin voilà, c'est loin de me gâcher la vie mais ça me trahit régulièrement et c'est très agaçant. Je n'ai pas de solution, enfin si, il faudrait être parfaitement à l'aise dans ses pompes tout le temps. Aussi simple que ça!