mickaelC'est juste parce qu'il est beau

On a beaucoup parlé ces derniers temps, sur internet et en vrai, d'un reportage effectué par une jeune étudiante réalisatrice belge à propos du harcèlement de rue. Entendez par là les interpellations, compliments, voire injures constants que l'on peut entendre sur son passage de façon quotidienne lorsqu'on est une fille/femme.

Alors autant cette vidéo a provoqué des réactions intéressantes, particulièrement du côté des hommes ("non, c'est pas possible, ça t'es déjà arrivé, à toi? c'est pas seulement en Belgique?" "Ben oui, et non"), autant elle a provoqué une levée de bouclier un peu ridicule à mon sens du côté des "féministes". Je mets des guillements parce que je compte parmis celles-ci aussi bien les ferventes chiennes de garde, que les ados et post-ados qui trouvent ça cool de se coller une telle étiquette mais n'y comprennent manifestement rien.

Donc ces réaction, très virulentes, m'ont un peu dérangée. Parce qu'en dénonçant une forme de violence, ces femmes (pour une bonne majorité), se montraient presque aussi obtues et intolérante que les individus qu'elles dénonçaient. Je vais la faire courte et vous épargner le laïus que vous retrouverez en commentaire de chaque publication de ce reportage, dupliqué au centuple.

Ce qui m'a gênée a été le totalitarisme avec lequel toutes ces nanas avaient tendance à dire à tous les hommes "arrêtez de nous regarder, arrêtez de nous insulter, arrêtez de nous toucher, arrêtez de nous complimenter, arrêtez de nous parler, ou même d'interragir avec nous, vous n'en êtes pas dignes, et ça nous fait toujours chier, parce que nous n'avons pas besoin de votre approbation sur notre physique et que ça nous révulse que vous vous permettiez de l'exprimer quand même".

Alors, bien sûr, je suis d'accord avec certains éléments évoqués. Effectivement, les regards salaces, les insultes, les attouchements, sont intolérables et il est normal et sain de s'insurger. En revanche, refuser d'un bloc tout contact avec l'autre sexe, parce que ces commentaires nous "enferment dans notre statut de femme-objet", je ne suis pas d'accord. Il y a des individus puants, certes, mais ce n'est pas la majorité et heureusement. Pour éviter tout contact, il n'y a qu'à aller dans le Larzac ou en Patagonie (copyright Florent Pagny).

Se penser trop précieuse pour recevoir un compliment ou un regard, je ne comprends pas. Le rêve de ces personnes serait donc un monde où les gens se côtoieraient mais sans se voir ni même se remarquer mutuellement, fixés sur leur propre nombril?

Je suis peut-être une pauvre dinde écervelée et rétrograde, mais je dois avouer, que OUI, j'apprécie lorsqu'on me fait un compliment mignon. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal pour un homme à dire à une femme qu'il croise dans la rue "vous êtes très jolie mademoiselle". Se sentir menacée par si peu et enfermée dans un carcan sexiste dénote au contraire d'un manque de confiance en sa propre valeur et en son égalité à l'autre en tant que femme. Je ne parle bien sur pas des cas où la personne en face insiste lourdement, ou dépasse la limite du simple sourire ou du compliment.

Encore une fois ça n'engage que moi... Je trouve simplement ça dommage de développer une psychose de plus et de se méfier de tout, tout le temps, de prêter des intentions malveillantes à tout le monde, par principe.