J'ai recommencé à écouter Nirvana. Je me rappelle la période de mes 16 ans. My sweet sixteen tu parles. My awful sixteen plutôt. J'ai passé des mois à me réveiller avec Bleach. Ça me mettait carrément dans l'humeur constante que je charriais avec moi. J'étais une plaie ambulante. Et personne ne m'aidait. Je me sentais incroyablement seule. Après cette première période j'ai écouté Nevermind. La première fois que j'ai entendu smells like teen spirit, je me suis dit « what the fuck?? ». J'étais super déçue. Je me suis renseignée. J'ai appris la « légende ». et j'ai un peu mieux compris. J'adore ce groupe. Mais ça me déprime. C'est une musique déprimante et déprimée, je n'invente rien. Je ne savais pas du tout ce que j'allais devenir. Je ne pense pas que j'aurais pu imaginer me retrouver ici aujourd'hui. Non pas que ce soit inimaginable, mais je ne me projetais pas au delà de quelques mois. Surement un peu à cause de l'attirance que le vide provoquait chez moi. Je ne crois pas en grand chose. Je ne vois pas comment je peux arranger les choses. Je passe d'une phase extatique joyeuse pleine d'espérances, au vide le plus total. C'est exténuant. Je me sens toujours seule dans le noir face à ce vide. Je fais des conneries. Je me laisse porter. C'est pas malin, je le sais. Je ne vois juste pas quoi faire de moi. Il aurait fallu que je ne naisse pas je me le dis souvent. Ou bien que tout soit différent. J'aurais pu être un mec. Je ne suis pas sûre de tout ce que ça aurait changé mais bon. Ça manque de rock and roll quand même. Même si je crois que j'assimile le rock and roll au n'importe quoi. Je ne sais pas si j'ai un terrain propice à une vie heureuse et paisible. C'est tellement un soulagement à chaque fois de faire des conneries. De trop boire, de raconter des conneries, de ne plus en avoir rien à foutre de rien. Il faut que j'arrête de boire. Je me le dis souvent mais bon je me dis aussi « et après? »... Après avoir purifié mon organisme de ses toxines alcooliques, que se passera-t-il? Je ne bois pas au point d'être sure que de ne plus boire changera vraiment quelque chose. Et puis ce n'est pas vraiment le problème.